Le Haut-Commissariat au Plan a publié le 4 août les résultats de son enquête nationale sur l’emploi pour le deuxième trimestre 2026. Le taux de chômage recule à 9,5 %, en baisse de 1,3 point par rapport au trimestre précédent. Le chiffre est bon. La photographie derrière le chiffre l’est moins.
Les quatre chiffres à retenir
- 9,5 % de chômage au niveau national, contre 10,8 % au premier trimestre ;
- 11,764 millions de personnes actives, soit 147 000 de plus qu’au trimestre précédent, dont 63,5 % en milieu urbain ;
- 42,2 % de taux d’activité, mais 18,1 % seulement chez les femmes ;
- 18,9 % de sous-utilisation de la main-d’œuvre. Cet indicateur est plus large que le chômage : il compte aussi les personnes qui travaillent moins d’heures qu’elles ne le souhaiteraient, ou qui ont renoncé à chercher.
Qui reste à l’écart
La moyenne nationale masque des écarts qui, eux, ne bougent pas :
- 27,2 % de chômage chez les 15-24 ans, et 14,5 % chez les 25-34 ans ;
- 16,7 % chez les diplômés de l’enseignement supérieur, contre 3,8 % chez les personnes sans diplôme ;
- 14,8 % chez les femmes, contre 8,1 % chez les hommes.
Deux enseignements, contre-intuitifs tous les deux. D’abord, le diplôme protège moins qu’on ne l’imagine : plus on est qualifié, plus le risque de chômage est élevé. Ensuite, l’écart entre les femmes et les hommes reste de près de sept points, et le taux d’activité féminin, à 18,1 %, dit surtout que beaucoup de femmes ne se présentent même plus sur le marché du travail.
Les secteurs qui embauchent
Sur un trimestre, les créations nettes d’emplois se répartissent ainsi :
- services : +166 000, soit près des deux tiers du total ;
- industrie : +47 000 ;
- construction : +42 000 ;
- agriculture, forêt et pêche : +28 000.
Le poids de chaque secteur dans l’emploi total confirme la domination des services : 49,3 % des personnes en emploi y travaillent, contre 24,1 % dans l’agriculture, 13,7 % dans l’industrie et 12,7 % dans la construction. En ville, les services montent même à 64,5 % des emplois.
Ce que cela change pour votre recherche
Trois conséquences pratiques, si vous cherchez en ce moment :
Les services concentrent l’essentiel des postes. Commerce, centres d’appel, logistique, santé, enseignement, banque et assurance : c’est là que les volumes se trouvent. Si votre profil peut s’y appliquer, même de biais, cela vaut la peine d’élargir vos candidatures.
L’industrie et la construction créent moins, mais recrutent réellement. 89 000 postes à elles deux sur un trimestre, dans des métiers souvent techniques où les candidats sont plus rares. Un profil de technicien, de conducteur de travaux ou de maintenance y trouve moins de concurrence que dans un poste de bureau.
Les jeunes diplômés sont la population la plus exposée. À 16,7 %, leur taux de chômage est quatre fois supérieur à celui des personnes sans diplôme. Cela ne veut pas dire que le diplôme est inutile, mais qu’il ne suffit pas : la différence se fait sur ce que vous savez faire, et sur la façon dont vous le prouvez. Notre article sur le premier emploi sans expérience détaille la méthode.
Comment lire ces chiffres sans se décourager
Un taux de chômage qui baisse ne signifie pas que tout le monde trouve. Il signifie que la proportion de personnes sans emploi, parmi celles qui en cherchent un, a diminué. Le chiffre peut baisser parce que des emplois sont créés, ce qui est en partie le cas ce trimestre, mais aussi parce que des personnes cessent de chercher. Les 18,9 % de sous-utilisation de la main-d’œuvre rappellent qu’il reste, à côté du chômage compté, une réserve importante de personnes en emploi précaire ou à temps partiel subi.
La bonne lecture est donc sectorielle, pas globale. Le marché n’est pas fermé : il est inégal. Et il l’est de façon assez prévisible pour qu’on puisse s’y préparer. Parcourez les offres publiées sur JobLike.ma en filtrant par secteur : vous verrez mieux où votre profil a ses chances qu’avec n’importe quel taux national.
Source : Haut-Commissariat au Plan, enquête nationale sur l’emploi, résultats du deuxième trimestre 2026, publiés le 4 août 2026.

