Démissionner est un droit, mais la forme compte autant que le fond. Une démission mal formalisée peut être contestée, ou vous priver de sommes qui vous sont dues.
Une exigence de forme souvent ignorée
Le Code du travail impose que la démission soit écrite et porte une signature légalisée par l’autorité compétente, généralement l’arrondissement ou la commune.
Cette formalité protège le salarié : elle empêche qu’une démission lui soit attribuée sans son consentement. Un simple courriel ou une lettre non légalisée n’a pas la même valeur probante.
La durée du préavis
Elle dépend de votre catégorie et de votre ancienneté dans l’entreprise.
Cadres et assimilés
- Moins d’un an d’ancienneté : 1 mois
- De 1 à 5 ans : 2 mois
- Plus de 5 ans : 3 mois
Employés et ouvriers
- Moins d’un an : 8 jours
- De 1 à 5 ans : 1 mois
- Plus de 5 ans : 2 mois
Le préavis se décompte à partir de la réception de la lettre par l’employeur, pas de sa rédaction.
Peut-on s’en dispenser ?
Oui, si l’employeur l’accepte — faites-le acter par écrit. À défaut d’accord, un préavis non exécuté peut vous être facturé sous forme d’indemnité compensatrice.
Ce qui vous reste dû
Au moment du solde de tout compte, vérifiez la présence de :
- votre salaire jusqu’au dernier jour travaillé ;
- l’indemnité compensatrice de congés payés non pris ;
- le cas échéant, la prime d’ancienneté au prorata.
L’indemnité de licenciement, elle, n’est pas due en cas de démission : c’est la principale différence entre les deux modes de rupture.
Trois précautions utiles
- Ne démissionnez pas sous le coup de l’émotion. Une démission légalisée est difficile à rétracter.
- Attendez d’avoir signé ailleurs. Une promesse orale n’engage à rien.
- Conservez une copie de la lettre et de l’accusé de réception.
Avant de partir, assurez-vous d’avoir une piste : parcourez les offres d’emploi en cours.
Base légale : articles 34 et suivants du Code du travail marocain (loi 65-99).

